Pourquoi un salaire minimum à 15$/h?

C’est un fait, un petit nombre de gens s’accapare une grande proportion de la richesse. Ce qui ne fait qu’accroître les inégalités déjà fortes présentes dans notre système. À juste titre, Oxfam a récemment publié un rapport très médiatisé qui souligne que les richesses mondiales du 1 % le plus riche dépasseront celles des 99 % pas plus tard qu’en 2016[1]! Une des solutions possibles pour contrer le phénomène réside dans la mise en place d’un salaire minimum plus généreux.

À cela s’ajoute le fait que le salaire minimum actuel est insuffisant pour vivre convenablement. Concrètement, ceci se reflète par un nombre croissant de personnes ayant recours aux banques alimentaires. « En 2015, c’est plus de 10,5 % des usagers et usagères des banques alimentaires qui occupent un emploi sans être capable de joindre les deux bouts[2] ». Tout ceci affecte le pouvoir d’achat des individus qui doivent mettre plus d’efforts qu’autrefois pour de mêmes dépenses. À ce titre, l’Institut de recherche et d’information socio-économiques (IRIS) a produit une étude sur le nombre de semaines de travail à temps plein (40h/semaine) au salaire minimum nécessaires au paiement des droits de scolarité de 1978 à 2015. Les résultats parlent d’eux-mêmes :

IRIS

 Source : IRIS

Qui profiterait d’un salaire minimum plus décent?

Un salaire minimum à 15$/h aurait de nombreux bénéfices pour une grande partie de la population qui se trouve sur ou sous ce seuil. En 2014, ce nombre était de plus de 1 041 726 travailleuses et travailleurs, ce qui représente le quart de la population active du Québec[3].

Les employeurs aussi peuvent y gagner! En effet, un salaire plus décent comporte bon nombre d’avantages dont une augmentation de la productivité de leurs employés entre autres de par un moral beaucoup plus élevé au sein du milieu de travail, , une diminution du roulement de leurs effectifs de même qu’une amélioration de leur image de marque[4].

Une hausse du salaire minimum est-elle corollaire à une perte d’emplois?

Beaucoup d’individus croient qu’une hausse du salaire minimum va inévitablement mener à des pertes d’emplois, voire à la fermeture d’entreprises. Or, cette corrélation semble loin d’être aussi vrai. De récentes recherches ont démontrées « qu’une hausse du salaire minimum n’entraîne pas nécessairement de pertes d’emplois ou de réduction du nombre d’heures travaillées. Par exemple, le salaire minimum réel a beaucoup baissé au Canada dans les années 1980 et 1990, ce qui n’a pas freiné un chômage à grande échelle. À l’inverse, lorsque le salaire minimum réel a augmenté légèrement dans les années 2000, l’emploi a également augmenté[5]. Même la Banque Mondiale abonde dans ce sens[6].

En somme, il n’est pas utopique de réclamer un salaire plus décent pour les travailleuses et travailleurs puisqu’au final, c’est la société québécoise elle-même qui va en engranger les bénéfices.

Exigeons une vie décente pour toutes et tous!

Références

[1] OXFAM, Insatiable richesse : toujours plus pour ceux qui ont déjà tout, janvier 2015, [En ligne] [www.oxfam.org/sites/www.oxfam.org/files/file_attachments/ib-wealth-having-all-wanting-more-190115-fr.pdf]

[2] LES BANQUES ALIMENTAIRES DU QUÉBEC, Bilan-faim Québec 2015, Statistiques compilées du 1er au 31 mars 2015, 2015, [En ligne [www.banquesalimentaires.org/wpcontent/uploads/2015/11/BilanFaimQc2015_FINAL.pdf]

[3] L’IRIS a réussi à obtenir des chiffres plus précis que ceux que l’ISQ avait initialement publiés en 2014. HURTEAU, Philippe, et Minh NGYUEN, Les conditions d’un salaire viable au Québec en 2016?, IRIS, avril 2016, [En ligne] [irisrecherche.s3.amazonaws.com/uploads/publication/file/Salaire_viable_WEB_04.pdf].

 [4] SKILLEN, Kerrie, « A Living Wage for Waterloo Region », Opportunities Waterloo Region, février 2003, Kitchener, Ontario, ouvrage cité dans CTC, Le salaire minimum au Canada, avril 2015

[5] FTQ, Pourquoi un salaire minimum à 15$ l’heure?, Service de la recherche FTQ, septembre 2016, p. 18

[6] Ibid., p. 19

1er mai : Fête internationale des travailleurs

1er mai : Fête internationale des travailleuses et travailleurs

Les politiques d’austérité budgétaires actuelles du gouvernement du Québec donnent encore cette année une teinte particulière à la Fête internationale des travailleuses et travailleurs. Cette journée est aussi marquée par différentes manifestations et actions sociales partout au Québec et particulièrement au Saguenay – Lac-Saint-Jean.

Profitons de cette journée pour défendre nos droits, mais bien au-delà… car « la justice sociale implique de donner à chacun la possibilité de réaliser ce qu’il est dans ce qu’il fait, de forger sa personne dans l’épreuve du travail » (Supiot)!

À cet effet, nous vous invitons à vous joindre à nous pour l’action festive familiale  du 1er mai, de 11 h à 13 h, à la Place du citoyen de Saguenay. Le thème de cette année sera : On a le Québec à cœur! Il y aura un dîner sur place (hot-dogs et tourtière), des breuvages et du gâteau aux couleurs de la journée. Un clown sera même présent pour amuser les tout-petits qui pourront se faire maquiller, se faire donner des ballons et faire du bricolage!

Toute la population est appelée à venir se faire prendre en photo en indiquant ce qui lui tient à cœur. Par exemple : une meilleure distribution de la richesse, plus de justice sociale, l’action communautaire autonome, la défense collective des droits, l’accès à l’éducation, etc. Les photos serviront à fabriquer une mosaïque lors de l’événement.

Pour plus d’information sur la semaine d’action dans le cadre de la fête des travailleuses et travailleurs cliquez ici

URL de l’événement Facebook : https://www.facebook.com/events/222878114740707/

Pour plus d’information sur l’action festive du 1er mai à Saguenay

URL de l’événement Facebook :  https://www.facebook.com/events/234466186909274/

Pour comprendre l’origine de la fête des travailleuses et travailleurs cliquez ici